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Filme ton quartier ! 2018 — une belle aventure mahoraise

L’aventure « Filme ton quartier 2018 » du Collectif Esp&R — prononcer « espère » — commence véritablement le 7 aout 2018, en cours de français, à l’École du civisme Frédéric d’Achery de Doujani, quartier de Mamoudzou sur l’ile de Mayotte, une école hors système constituée de jeunes de 16 à 26 ans d’origine comorienne en recherche d’insertion. Pour ma part, je tente d’y enseigner le français. Et l’exercice du jour consiste à rédiger un texte, en groupe ou en solo, sur le thème de la rencontre, choisi cette année 2018 pour le concours France Télévision « Filme ton quartier ! ».

J’ai découvert ce concours quelques jours plus tôt sur une des chaines du groupe. Après visionnage de quelques films lauréats des sessions précédentes, j’ai la conviction que Doujani, quartier de Mamoudzou considéré comme un bidonville par beaucoup de gens qui n’y ont jamais mis les pieds, pourrait être le cadre idéal d’un tel film.

 

Mais je n’en dis rien encore aux élèves de la classe. Car sans véritable angle d’approche, sans véritable point de vue, sans véritable choix esthétique et narratif, ce genre de petit documentaire se destine tout juste à ressembler à une carte postale aussi fade que vaine. Je découvre qu’un film sur Cavani concourant pour une session précédente en a fait justement la triste expérience.

Avant toute chose, je veux donc savoir si mes jeunes élèves peuvent avoir quelque chose d’intéressant à raconter sur le thème proposé.

 

Après une heure de travail, plusieurs textes sont présentés. Celui de Bacar FACRA (photo) sort nettement du lot : une courte lettre d’un enfant qui écrit à son père parti 10 ans plus tôt, pour lui dire qu’il lui manque terriblement.

Lettre de Bacar Facra ayant servi de base au projet
Lettre de Bacar Facra ayant servi de base au projet

Cette lettre émouvante me raffermit tout à fait dans l’idée qu’il est possible de se lancer dans l’aventure. Qu’il serait même envisageable, pourquoi pas, de faire quelque chose de bon. 

Mais le chemin est encore long, entendu qu’ils n’ont jamais, de leur vie, tourné le moindre film ni même participé au moindre projet se rapprochant de près ou de loin à celui-ci. Pour compliquer encore la situation, leur langue est le shimahorais ou le comorien, ils ne sont absolument pas cinéphiles, ne sont jamais allés au cinéma. Aussi, leur parler de « point de vue subjectif », de « travelling » ou de « voix-off » ne leur évoque absolument rien.

Je leur propose néanmoins de participer à ce concours, sans rien leur dire encore sur son importance, sans même évoquer les perspectives financières qu’il présente. Leur dire que les dix lauréats touchent 3000 € ne me semble pas mettre le projet sur de bons rails. En idéaliste, je rêve d’une participation plus… idéaliste, innocente et pure.

Nous décidons d’une première réunion de production, pour brainstormer sur le film. Ce sera la semaine suivante, le 7 aout, avant le cours de français. Y participeront ceux qui veulent se lancer dans l’aventure, sans aucune obligation pour aucun des élèves de l’école Frédéric d’Achery.

Sachant que la deadline, l’échéance ultime, de la remise des films est le 12 septembre, cela nous laisse à peine plus d’un mois pour concevoir et réaliser ce film de 3 minutes 30. Tendu, très tendu même, d’autant plus que les autres candidats — tous professionnels ou en passe de le devenir, pour ce qui est des lauréats — ont dû commencer il y a longtemps déjà.

 

Le 7 aout, seuls quelques élèves de la classe sont présents pour cette première réunion de production… Je suis un peu déçu, même si je sais que l’humanité est constituée de deux sortes d’individus. Ceux qui sentent intuitivement qu’ils doivent emprunter le chemin qui se présente à eux, même s’ils n’en aperçoivent pas encore le bout, et ceux qui resteront toujours à attendre leur chance en restant assis au milieu du carrefour…


Les premiers constitueront le noyau dur et indéfectible du projet : Nasserdine Ahmed (photo)Ambdérémani « Parker » Abidhari (photo), Halifa Mohamadi (photo).

 

 

Plusieurs autres personnes prendront le train du projet en marche : Talitoifati Houmadi (photo), alors que nous n’avons pas encore quitté la gare, qui nous aperçoit lors de la première réunion de production et s’incruste aussitôt dans l’équipe, avec sa passion, son énergie communicative et toutes ses idées. Autre membre du noyau dur, Sadjadi Hamidoune (photo), lui, rejoindra le collectif lors du premier jour de tournage. Il y jouera un rôle actif et impliqué aux côtés de Nasserdine.

Marion Michel (photo) sera la dernière à rejoindre l’équipe, lors du tournage décisif du film.

 

Mais nous n’y sommes pas encore… Aujourd’hui, tout reste à faire, tout reste à écrire, à concevoir.

 

 

Au cours des trois réunions de production suivantes — une par semaine, trois heures avant le cours de français — se dégage l’idée du film et de son personnage principal : Banou.

Le film racontera le parcours de ce jeune mineur dans son quartier, une lettre visuelle en vérité, adressée à son père, une invocation à bien regarder le quartier aujourd’hui pour qu’il en constate les transformations lorsque son fils aura réussi et y sera revenu tout changer. Tout un programme !


Le point de vue est fort, sans que les jeunes en aient vraiment conscience dans leur travail : l’histoire d’un jeune garçon abandonné vivant au sein d’un quartier laissé à l’abandon. Le jeune est le quartier, le quartier est le jeune, avec tous les espoirs qu’ils portent l'un et l'autre et cette foi en l’avenir, quand bien même tout pousserait à les voir baisser les bras.

Un quartier à l’abandon, certes, mais l’autre parti-pris fort est de le filmer sans concession, de façon tout à fait assumée. 

Comme si les jeunes voulaient affirmer haut et fort « c’est là que je vis, et je n’en ai pas honte ». Des débats intéressants ont animé ce choix au cours des réunions de production, certains le comprenant, d’autres voulant plutôt cacher ce dont ils pourraient avoir honte… Heureusement, poussés sans cesse à la sincérité, ils finissent par faire le bon choix.

Le début du tournage est prévu pour le 2 septembre, 10 jours avant la date ultime de remise des films. Nous n’aurons que très peu de temps pour arriver à nos fins, entendu que la post-production est souvent la phase la plus longue et la plus importante.

Désirant que le concours ne soit pas l’unique enjeu de ce « travail d’apprentissage » — car ça reste avant tout, pour moi, un prétexte à vivre l’expérience d’un tournage —, le dimanche venu, chacun va occuper à tour de rôle les différents postes. Sauf Talitoifati, la seule fille investie à 100 % dans le projet, qui tiendra le rôle de scripte d’un bout à l’autre. Pour les autres, ils apprendront tous à comprendre et lancer les fameux « moteur ! » du réalisateur, les « ça tourne » de l’ingé-son, les « annonce ! » du chef-opérateur et autres « action ! » du réalisateur. Et chacun tiendra l’appareil photo qui fait office de caméra et l’enregistreur Tascam qui sert de micro de prise de son.

La journée se passe bien, avec son lot d’incidents sans trop de gravité.

 

Mais le soir venu, après une journée harassante pour la plupart de ses jeunes qui n’ont rien mangé depuis le matin, après visionnage des rushes, les images se révèlent d’une qualité plus que mauvaise. Mais que faire alors que tous sont épuisés ? et puis il est de toute façon trop tard pour penser à retourner quoi que ce soit : ici, à 19 heures, le soleil est couché.


C’est Marion, la semaine suivante, qui voyant le montage tiré des premières images — et de celles tournées dans les bangas par Nasserdine et Tali — nous donnera l’énergie de tout refaire. Le film est intéressant, fort, mais il n’a aucune chance si les images ne sont pas de meilleure qualité. Il faut tout retourner, en tout cas chaque plan monté du film, avec le téléphone de Marion qui filme en Full HD. Convaincus par son enthousiasme, nous décidons de tout refilmer le dimanche suivant.

Mais cette fois, plus de temps à perdre, il s’agit d’être efficace. Nous sommes déjà le dimanche 7 septembre, 5 jours avant la remise des films et nous n’avons encore rien, aucune image valable, ni même la voix off de Banou dont Nasserdine doit encore enregistrer la version définitive. Il fait un travail d’interprétation remarquable, mais les problèmes de prononciation rendent inutilisables la plupart des prises. Nous travaillons sur le fil, en essayant de préserver l’énergie suffisante.

Une question me hante cependant : est-ce seulement possible de réussir à terminer à temps ?… Sans compter que je dois, à titre personnel, m’occuper en parallèle de la sortie de mon nouveau roman, Cloaca Maxima.

Par chance, tout se passe bien au cours de ce second jour de tournage, tout se passe même mieux qu’espéré. Plein de « petits évènements inattendus » se produisent, ces petites choses qui font sonner tellement vrai, improvisé, un film documentaire : un homme bien habillé sur un chemin de terre suivi par un petit enfant ramenant chez lui avec un effort surhumain son conteneur d’eau, des jeunes hommes montant des tôles pour la réparation d’un banga, une de ces tôles tombant avec raffut sur le chemin d’argile, un « bacoco »  en vélo traversant fièrement un carrefour…

Ce jour de tournage est l’occasion aussi de découvrir « en vrai » les lieux repérés avant le tournage par Nasserdine et Talitoifati. Des lieux improbables, inespérés, qui apportent au film une pâte visuelle riche en matière. Des images qui participeront beaucoup à son « succès » je pense.

Le film est monté les jours suivants, et la voix de Nasserdine enfin enregistrée.


Quelques visionnages, quelques corrections plus tard, c’est l’envoi sur la chaine YouTube du Collectif créée à l’occasion, le 11 septembre. Un collectif qui portera désormais le nom de « Collectif Esp&R » — prononcez « Espère », pour « Espoir et Réussite », nom de l’association qui abrite l’École Frédéric d’Achery de Doujani d’où émane l’idée du film et les principaux participants.

C’est aussi l’occasion de la première diffusion « publique » du film, au sein de l’École du civisme. Les premières réactions sont enthousiastes, quand bien même la qualité de la projection reste pour le moins approximative…

Le lendemain, 12 septembre 2018, après nous être assurés une dernière fois que la vidéo était bien consultable sur notre chaine YouTube, nous procédons à l’inscription du film au concours « Filme ton quartier ! », session de 2018. 

Le règlement du concours est particulièrement insistant sur l’importance de pouvoir joindre les candidats par téléphone et par mails. L’impossibilité de joindre un gagnant peut être disqualifiante. Or, les jeunes comoriens du collectif empruntant souvent un téléphone à un parent, à un ami, ou changeant souvent d’appareil, n’ayant pas internet chez eux bien sûr, pas plus qu’un ordinateur, nous décidons d’« assurer le coup » en procédant à l’inscription du film au nom de Marion, en qualité de représentante du Collectif Esp&R — ce qui explique qu’elle est souvent citée à tort comme la réalisatrice du film par les journalistes.


Il ne nous reste plus qu’à attendre les premiers résultats. D’après le règlement, ils devraient être annoncés le 26 septembre.


Mais le jour venu, rien. Par expérience, je sais que lorsque l’on est lauréat d’un concours, on est toujours contacté par les organisateurs avant même que ne soient officiellement annoncés les résultats. Cela fait donc plusieurs jours que mes espoirs s’étiolent quant à nos chances… Je commence à préparer le terrain auprès des jeunes comoriens, les encourageant en leur disant qu’on a tout de même produit un beau film, qu’ils peuvent être fiers de leur travail et de leur investissement. On se promet de recommencer l’année suivante, et même de gagner cette fois ! On se rassure comme on peut dans ces moments-là.


Mais le 28 septembre, coup de tonnerre, Marion reçoit par un mail de Gwenaëlle Signaté l’annonce de notre sélection parmi les 30 finalistes !

Nous sommes encore en course, tous les espoirs sont à nouveau permis !

Nous ne le savons pas encore, mais nous n’aurons pas beaucoup à attendre… Dès le lendemain, samedi 29 septembre, en rentrant de notre séance de tennis de table, Marion trouve sur son téléphone un message de Gwenaëlle Signaté (photo), une des organisatrices du concours. Elle ne nous dit rien, juste de la rappeler le plus vite possible.

 

Gwenaëlle Signaté au Sheffield Doc|Fest
Gwenaëlle Signaté au Sheffield Doc|Fest

En de telles situations, les hypo-thèses vont bon train et tous les doutes sont permis. Toutes les angoisses aussi… Nous en arri-vons finalement à la conclusion que nous appeler si tôt après l’an-nonce de la sélection ne peut si-gnifier qu’une chose : ils ont commis une erreur en nous an-nonçant notre sélection… Nous ne faisons pas partie des trente finalistes.

 

C’est donc avec une certaine inquiétude que Marion rappelle Gwenaëlle.


Et là, après quelques ronds de jambe à jouer le suspense, Gwenaëlle nous annonce que non seulement nous sommes bien sélectionnés mais que nous faisons même partie des dix lauréats, des dix gagnants !


Une émotion peut en cacher une autre ! Ça fait beaucoup en deux jours !

C’est d’autant plus difficile à gérer que nous ne pouvons en faire que l’annonce aux membres du collectif, avec interdiction formelle d’en parler à qui que ce soit avant l’annonce officielle des résultats, qui ne se fera que le 15 octobre, dans une éternité donc !


Deux jours plus tard, le 1er octobre, Talitoifati Houmadi et Nasserdine Ahmed, respectivement coréalisateur et coauteure principaux du projet, font leur toute première télé, invités spéciaux du JT de 19 heures de Mayotte La Première. Moment émouvant, hésitant parfois, et ironiquement drôle dans le sens où ils ne peuvent qu’annoncer la sélection du film parmi les 30 finalistes, alors que nous savons d’ores et déjà que nous sommes lauréats !

Passage de Nasserdine Ahmed au JT de

Mayotte La Première, 1er octobre 2018

Passage de Talitoifati Houmadi au JT de

Mayotte La Première, 1er octobre 2018


Nous avons à peine le temps de nous remettre de ces deux émotions coup sur coup que le jeudi suivant, 4 octobre, nous recevons un coup de téléphone d’Olivia Lépinay (photo), codéléguée de la Fondation Groupe France Télévision. 

Olivia nous annonce que le film est en lice pour l’un des trois prix du concours, le Prix de sa Fondation… Elle pose beaucoup de questions, veut tout savoir de la conception de ce film et de ceux qui l’ont créé, afin que le jury puisse se départager.

 

Deux jours plus tard, le samedi 6 octobre, un second coup de fil d’Olivia Lepinay — que rien n’obligeait à nous appeler — nous annonce que « ma LETTRE d’un QUARTIER de FRANCE » a remporté les suffrages et qu’il a été choisi pour recevoir le Prix de la Fondation Groupe France Télévision, à l’unanimité et donc sans hésitation de surcroit !

Ce qui nous remplit d’autant plus de joie, c’est que son bonheur semble aussi vivace que celui qu’elle nous fait.

Tout cela va bien au-delà de nos attentes ! Comment vraiment y croire ?!

Commence alors la longue attente silencieuse, à ronger son frein pour ne faire part de ces excellentes nouvelles qu’aux tout proches de confiance, attente qui ne prendra fin que le 15 octobre avec l’annonce officielle des résultats.

Mais nous n’y sommes pas encore. Le 12 octobre, après des atermoiements entre la production parisienne, Mayotte la Première et France Ô, Sonia Ingrachen — productrice d’Un Monde Meilleur qui produit le documentaire sur le concours —, nous demande de tourner nous-mêmes les interviews du collectif qui devront servir pour ce documentaire réalisé par Lila Pinell et Chloé Mahieu (photo) sur les dix lauréats du concours 2018 [un lien sera proposé suite à la diffusion du film en début d’année 2019].

Lila Pinell et Chloé Mathieu, réalisatrices du documentaire sur les lauréats du concours
Lila Pinell et Chloé Mathieu, réalisatrices du documentaire sur les lauréats du concours

Madame la Capitaine de barge Anliati Msaïdié nous permet de tourner sur sa barge (photo) l’interview du collectif. Plusieurs navettes entre Grande Terre et Petite Terre permettront à une petite équipe professionnelle de filmer avec deux vraies caméras et une perche — tout aussi véritable — les membres principaux du collectif : Nasserdine et Talitoifati bien sûr, mais aussi Marion Michel, Bacar Facra et Halifa Mohamadi.



Malheureusement, le son de ces interviews est inutilisable et nous devons procéder à un nouvel enregistrement dans des conditions beaucoup plus modestes, avec le téléphone de Marion, chez nous dans notre petit appartement de Mamoudzou.

Et puis…


… arrive enfin le lundi 15 octobre, jour prévu de l’annonce des résultats. 

Le matin, nous sommes invités, Talitoifati, Nasserdine, Facra et moi, à participer à l’émission de radio Takamaka d’Isabelle Fargier — alias Moina Poutou — sur la radio de Mayotte La Première. 



Les résultats n’étant pas encore publiés, nous ne pouvons faire encore aucune annonce en direct au cours de l’émission. Isabelle — la plus enthousiaste des animatrices/journalistes rencontrées autour de ce projet — nous invite à la rappeler le lendemain pour annoncer le résultat — si toutefois ils ont été diffusés…

Les résultats seront enfin affichés, le 15 octobre, à 15 heures, sur le site de France Télévision dédié au concours.

Nous réalisons alors que nous n’avons pas rêvé. Notre film est bien là, annoncé comme faisant partie des dix lauréats et gagnant du Prix de la Fondation Groupe France Télévision !

Tout cela est donc vrai ! C’est David contre Goliath. Une petite équipe de jeunes, hors système, considérés ici, à Mayotte, comme des délinquants tout juste bons à cambrioler, à agresser, à trainer, vient de réaliser un film représentant l’ile au plan national, et de remporter qui plus est une victoire face à des dizaines de professionnels aguerris ! C’est presque trop beau pour être vrai.

Nous avons cependant une petite pensée pour les 160 autres participants, qui découvrent en même temps que nous, avec déception, que leur film n’a pas été retenu. Nous aurions pu être à leur place, les sélections par un jury présentant toujours une part d’aléatoire qui n’est pas toujours en correspondance avec la qualité des productions présentées aux concours. Ici, c’est à notre bénéfice, et personne ne s’en plaindra dans le collectif !

Le lendemain matin, Talitoifati rappelle comme convenu Isabelle Fargier à la fin de l’émission Takamaka pour lui annoncer la bonne nouvelle. Isabelle a une explosion victorieuse et sincère qui fait plaisir à entendre (cf. la vidéo).



Dans l’après-midi de ce même mardi 16 octobre 2018, le cours de français de l’École du civisme Frédéric d’Achery est remplacé par un pot organisé pour la victoire, avec les membres du collectif bien entendu, et tous les autres élèves — qui, nous nous en doutons, doivent un peu regretter de ne pas avoir pris la décision de participer à ce projet. C’est à cette occasion qu’est annoncée la somme remportée — 10 000 € quand même ! et une caméra professionnelle d’une valeur de 1300 € — et la répartition qui en sera faite en fonction de l’investissement de chacun.

Mon seul regret : l'absence de tout représentant de l'association ou du créateur des Écoles du civisme.


Le 12 novembre, Gaëlle Malet, animatrice sur France Ô, nous contacte pour parler du projet dans sa rubrique « Média » dans l’émission les Témoins d’Outre-mer sur France Ô.


Aussi, le lendemain, nous tour-nons des petits « selfies » animés avec tout le collectif : Nasserdine, Talitoifati, Sadjadi, Facar, Parker et Halifa.



La chronique sur le film est diffusée le mercredi 13 novembre à 19h20, sur France Ô, dans l’émission « Les Témoins d’Outre-mer ».



Jeudi 15 novembre 2018, c’est le grand jour de la remise des récompenses au mythique studio 104 de la Maison de la Radio, à Paris. Le collectif ne peut pas s’y rendre, mais confie à Djamadar Saindou (photo) — prononcer « Sa-ïn-dou » —  le soin de l’y représenter, en qualité de formateur et animateur à l’association Espoir et Réussite de Doujani. Il est en fac de biologie en métropole, à Montpellier, et s’est fait un plaisir de « monter à la capitale » pour se joindre aux autres lauréats et recevoir le trophée à notre place.

crédit : Sonia Bela et Rachid Flijja
crédit : Sonia Bela et Rachid Flijja

Le lendemain, Djamadar passe même au JT de France Ô pour montrer la récompense, représenter le collectif et évoquer le film.



Le même jour sort un petit article dans Flash-Info. La victoire sera annoncée dans différents journaux, papier aussi bien que télé, sur Kwezi TV par exemple, une petite chaine locale.



Le 22 novembre, le film est diffusé à Chiconi lors d’une journée pour les droits internationaux des enfants, organisée par le Cémea de Mayotte. Nasserdine et Talitoifati viennent l’introduire, accompagnés de Parker, Sadjadi et Bacar.




En projet : les membres du noyau dur du collectif vont inviter un ou deux de leurs parents à un repas dans un des meilleurs restaurants de Mayotte, le Panna Cotta de Passamainty. Moment qui sera à n'en pas douter inoubliable, où les enfants auront la fierté d’inviter leurs parents dans un lieu qu’ils n’avaient jamais eu l’occasion de visiter encore.

L’histoire de « ma LETTRE d’un QUARTIER de FRANCE » s’achève ici pour le moment. Mais nul doute qu’elle se poursuivra, alors ne manquez pas de consulter l'agenda ci-dessous.

Agenda

Jeudi 6 décembre, 0h30 : diffusion sur France 3 du documentaire sur le concours.

Samedi 8 décembre 2018, passage du film au 14e festival international du film d'éducation d’Evreux (métropole).

Samedi 15 décembre 2018, article sur le passage du film au 14e festival international du film d'éducation d'Évreux.


Dimanche 16 décembre 2018, 13h05 : diffusion du documentaire sur le concours sur France Ô.

Agenda à venir